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Auteur Sujet: Irak: à Tikrit, certains habitants regrettent l'époque de Saddam Hussein  (Lu 819 fois)

alex

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Dix ans après l'invasion américaine de l'Irak, le mépris affiché pour la classe politique et des années de violences confessionnelles alimentent à Tikrit, région natale de Saddam Hussein, la nostalgie du règne de l'ancien homme fort du pays.

"Il est naturel que nous restions fiers" de Saddam Hussein, affirme Oum Sara. "Il dirigeait le pays sans problèmes quelles que soient les circonstances", ajoute cette habitante de Tikrit, une ville située près du village natal de Saddam Hussein et à 160 km au nord de Bagdad.

A Bagdad, des liens avec Saddam et son régime peuvent mettre fin à la carrière d'un homme politique. Mais à Tikrit, de nombreux habitants sont attachés à l'ancien président, renversé en 2003 après l'invasion américaine et exécuté en décembre 2006.

Un attachement qui s'explique surtout par le fait que la ville était particulièrement choyée par l'ex-dictateur.

"Saddam nous a beaucoup aidés, il est normal que nous soyons attachés à lui, comme d'autres peuvent être fiers de Charles de Gaulle", estime Abou Hussein.

Et si du temps de Saddam Hussein les services publics étaient défaillants, le régime avait mis en place un système de subventions permettant aux plus pauvres de se nourrir malgré l'embargo imposé par la communauté internationale.

Aujourd'hui, de nombreux Irakiens souffrent du manque cruel d'infrastructures et de services de base, n'ayant pas accès à l'électricité ou à l'eau potable. Le chômage reste élevé, la corruption généralisée et certains citoyens sont déçus par les hommes politiques qui ont été élus.

"Notre pays n'a pas changé et ne s'est pas développé ces dix dernières années", déplore Khaled Jamal, un horloger de Tikrit.

Les nombreuses difficultés auxquelles font face les Irakiens "nous font aimer Saddam", estime Inès. "Elles font que nous soyons fiers de lui, et que nous regrettions son époque", explique cette institutrice de 37 ans.



Militant du Baas, parti à la doctrine socialiste aujourd'hui interdit, Saddam Hussein participe au coup d'état qui porte sa formation au pouvoir en 1968, avant de prendre les rênes du pays en 1979.

Champion du panarabisme laïque, il se dresse contre la République Islamique d'Iran à qui il livre une guerre sanglante de 1980 à 1988.

Il "avait une forte personnalité, il l'imposait tant à l'intérieur qu'à l'étranger", affirme Abou Hussein.

Ne tolérant aucune dissidence et multipliant les purges, il est jugé responsable de la campagne militaire Anfal contre des villages kurdes qui a fait 180.000 morts, et de l'élimination de quelque 100.000 personnes qui se sont soulevées contre son régime après la guerre du Golfe en 1991.

Malgré cela, certains lui sont reconnaissants d'avoir réussi à préserver la stabilité du pays, et se souviennent de l'époque précédant l'invasion américaine, durant laquelle le monopole de la violence revenait aux forces de sécurité.

Aujourd'hui, si les violences ont diminué depuis la fin du conflit confessionnel sanglant de 2006-2008 qui a fait des dizaines de milliers de morts, les attentats restent quotidiens.

Des insurgés sunnites, en particulier ceux d'Al-Qaïda, visent régulièrement la communauté chiite et les forces de sécurité.

Du temps de Saddam, "il n'y avait pas de sectarisme", affirme M. Jamal. "Mais aujourd'hui, la première question qu'on vous pose lorsque vous rencontrez quelqu'un est de savoir si vous êtes sunnite ou chiite", déplore-t-il.


Sources AFP & le Huffington Post (Québec)
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