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Auteur Sujet: Des casques bleus soupçonnés du viol d'une fillette de 12 ans et de 2 homicides  (Lu 672 fois)

alex

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Les faits se sont déroulés les 2 et 3 août, alors que les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la paix en République centrafricaine (MINUSCA) effectuaient une opération dans l’enclave musulmane du PK5 à Bangui, la capitale.
Victime agée de 12 ans en République centrafricaine



Citation de: La victime âgée de 12 ans
Je me suis mise à pleurer, alors il m’a giflée fort et a mis une main sur ma bouche

C’est par ces mots terribles qu’une fillette de douze ans décrit le viol qu’elle a subi en République centrafricaine.


2 AOUT : VIOL D'UNE FILLETTE DE 12 ANS

Une opération de police des Nations unies qui visait à appréhender un suspect vivant dans l’enclave du PK5, à Bangui, a commencé le 2 août après 1 heure du matin. Plus de 10 000 musulmans, mais aussi de nombreux chrétiens, vivent dans le quartier.

Pendant une perquisition effectuée dans le cadre de l’opération, les hommes de la famille ont été emmenés et les femmes et les enfants, rassemblés dans une pièce. Les casques bleus criaient, les enfants pleuraient : il régnait un véritable chaos. Les femmes n’ont pas remarqué tout de suite que la fillette de 12 ans n’était pas là.

Celle-ci a expliqué à nos délégués qu’elle avait eu peur et s’était cachée dans la salle de bain au début de la perquisition, et qu’un casque bleu l’y avait trouvée. Il l’avait tirée hors de la pièce et l’avait giflée parce qu’elle s’était mise à pleurer.

Il l’avait ensuite entraînée dans un coin au fond de la cour, derrière un camion. Là, il lui avait touché la poitrine et arraché ses vêtements.

Elle a déclaré :
Citation de: La victime
Il m’a jetée par terre et s’est couché sur moi.

Alors qu’il était en train de la violer, des coups de feu ont retenti à l’extérieur et il a rejoint son groupe.

Des proches qui se trouvaient dans la maison pendant la perquisition ont expliqué  que la fillette avait été séparée du reste de la famille pendant une vingtaine ou une trentaine de minutes. L’une de ses sœurs s’est rappelé :

Citation de: Un témoin
Lorsqu’elle est revenue du fond de la cour, elle a crié “maman” avant de s’évanouir. On l’a portée à l’intérieur et aspergée d’eau pour lui faire reprendre connaissance




La mère de la fillette nous a indiqué qu’après les faits sa fille pleurait et était totalement bouleversée. Elle a ensuite été examinée par une infirmière, sous la supervision d’un médecin. Celle-ci a relevé des éléments qui pourraient être imputables à une agression sexuelle.


3 AOÛT : HOMICIDE DE DEUX CIVILS NON ARMÉS

À la suite d’affrontements armés avec des habitants le 2 août, des casques bleus sont retournés au PK5 le lendemain matin. Des jeunes avaient construit des barricades sur l’avenue principale pour tenter d’empêcher les forces de maintien de la paix de se déplacer dans le quartier. Ils auraient échangé des tirs avec les soldats à quelques pâtés de maisons du rond-point principal.

Cependant, d’après des témoins, il n’y a pas eu de coups de feu en direction des soldats et ceux-ci n’ont pas été menacés d’une quelconque autre manière dans la rue où les homicides ont eu lieu, dans le quartier de Yambassa. Les soldats marchaient en deux colonnes, de part et d’autre de la rue, et tiraient fréquemment à mesure qu’ils avançaient.

Un mécanicien qui travaillait à un pâté de maisons de là a déclaré que les forces de la MINUSCA avaient tiré deux fois sur lui et sur l’un de ses collègues. « L’une des balles a même brisé une vitre de la voiture sur laquelle je travaillais », a-t-il déclaré. Son collègue et lui ont levé les mains en l’air, nous a-t-il expliqué, et les soldats ont cessé de tirer, ce qui leur a permis de se mettre à l’abri.

Balla Hadji, un routier de 61 ans, prenait son petit-déjeuner avec son épouse lorsque les soldats sont arrivés. Leur fille se trouvait chez un voisin. Quand il a entendu les coups de feu et s’est rendu compte que sa fille n’était pas à la maison, Balla Hadji est sorti de chez lui pour lui dire de revenir.


Citation
À ce moment précis, a déclaré le voisin, les soldats sont arrivés au coin de la rue. Ils ont tiré dans le dos de Hadji alors qu’il se tournait pour essayer de rentrer chez lui

Souleimane (16 ans), le fils de Balla Hadji, se trouvait alors à l’intérieur de la propriété. Il a couru vers son père, qui était en train de s’écrouler. Il a aussi été pris pour cible.

Des délégués de notre organisation se sont rendus sur place et ont constaté deux impacts de balle dans la porte en fer et le mur de clôture.

Des membres de la famille nous ont expliqué que les casques bleus ne les avaient pas aidés à transporter les deux blessés à l’hôpital. Au lieu de leur prêter assistance, ont raconté des témoins, ils avaient tiré une nouvelle salve lorsque la fille de Balla Hadji avait tenté de traverser la rue pour rejoindre son père et son frère.

Le corps de Souleimane Hadji, tué le 3 août 2015 à Bangui, en République centrafricaine, est transporté hors de l'hôpital par des membres de sa famille: Le corps de Souleimane Hadji, tué le 3 août 2015 à Bangui, en République centrafricaine, est transporté hors de l'hôpital par des membres de sa famille


Balla Hadji a perdu beaucoup de sang en peu de temps ; il est décédé sur place. Des voisins ont réussi à emmener Souleimane à l’hôpital afin qu’il soit pris en charge en urgence mais l’adolescent a succombé à ses blessures vers 15 h 30.


L’ONU DOIT REAGIR


Sans répondre sur le fond à nos questions concernant l’opération menée au PK5, un porte-parole de la MINUSCA a déclaré qu’une enquête préliminaire avait été ouverte en interne.

Les récentes allégations visant des casques bleus sont étayées par des preuves matérielles et de multiples témoignages. Une enquête rapide et approfondie doit être menée par une autorité civile compétente, et la fillette doit bénéficier d’un soutien médical et psychologique adéquat.

Ces derniers mois, les Nations unies ont été critiquées pour n’avoir pas correctement réagi aux allégations de violences sexuelles à l’encontre de mineurs visant des membres des forces militaires internationales en République centrafricaine. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a chargé récemment un panel d’experts indépendant d’examiner la façon dont les Nations unies avaient réagi aux allégations d’exploitation et de violences sexuelles et de faire des recommandations sur la manière dont l’ONU devrait traiter de telles allégations dans le futur. Les Nations unies ainsi que tous les pays qui envoient des contingents doivent pleinement mettre en œuvre leur politique de « tolérance zéro » face à l’exploitation et aux violences sexuelles.

Il faut qu’une enquête indépendante soit menée de toute urgence par la justice civile et que les responsables présumés de ces crimes soient suspendus sans délai et pour toute la durée des investigations.

Après les révélations de Amnesty International, Ban Ki-moon a exigé la démission du chef de la MINUSCA.



Source Amnesty France
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