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Auteur Sujet: Affaire Abou Bakari Tandia mort au mains de la Police : Confirmation du non lieu  (Lu 575 fois)

alex

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La cour d’appel de Versailles a confirmé le non-lieu dans la mort d’Abou Bakari Tandia, tombé dans le coma à la suite de sa garde à vue en 2005. Selon le juge d’instruction il n’y a aucune certitude sur les circonstances de la mort d’Abou Bakari Tandia permettant de mettre en cause la responsabilité des forces de l’ordre. Après huit longues années d’enquête et de nombreux obstacles la famille n’aura finalement jamais de réponse sur ce qu’il s’est vraiment passé et aucun policier n’aura été mis en cause.


La mort d’Abou Bakari Tandia

Le soir du 5 décembre 2004, vers 20h, Abou Bakari Tandia est interpellé par les forces de l’ordre et amené au commissariat de Courbevoie pour un contrôle d’identité. Après être tombé dans le coma dans sa cellule il est transporté d’urgence à l’hôpital vers minuit. Le jeune malien alors âgé de 38 ans restera dans le coma jusqu’à sa mort, le 24 janvier 2005.

La police a affirmé à la famille d’Abou Bakari Tandia que ce dernier était tombé dans le coma après s’être volontairement tapé la tête contre le mur de sa cellule. Le rapport d’autopsie et les dossiers médicaux des deux hôpitaux dans lesquels le jeune homme a séjourné ne font pas état de blessures à la tête.


Huit ans d’enquête

En mars 2005, le procureur de Nanterre en charge du dossier depuis l’hospitalisation du jeune homme, classe l’affaire sans suite n’ayant aucun élément justifiant l’ouverture de poursuites.

En Avril 2005, la famille d’Abou Bakari Tandia porte plainte pour « actes de torture et de barbarie ayant entrainé la mort. ». Une instruction a été ouverte, et cinq policiers placés sous le statut de témoin assisté, mais sa progression a été lente et irrégulière.

Plusieurs expertises médicales ont démenti la version des policiers affirmant que le jeune homme s’était volontairement cogné la tête contre les murs de sa cellule. De plus lors de la reconstitution des faits, ordonnée en avril 2011, les experts légistes ont démontré que la taille de la cellule ne permettait pas à Abou Bakari Tandia de prendre assez d’élan pour se fracasser la tête contre les murs de sa cellule.

"S'ils nous avaient dit que c’était un accident, ou qu’il y avait eu des violences,
nous aurions compris. Nous sommes des êtres humains. Mais qu’ils ne nous disent pas qu’il s’est frappé la tête contre le mur. Ca n’a aucun sens. Nous voulons juste savoir la vérité pour pouvoir faire notre deuil."

Souaibou Doucouré, l’oncle d’Abou Bakari Tandia, Le 24 janvier 2009, lors d’une conférence de presse


Une justice impartiale ?

La cinquième expertise médicale, datée du 15 juin 2011, concluait à un décès « par privation d’oxygène due à des contentions répétées », conclusion laissant entrevoir un usage excessif de la force de la part des agents présents au moment de la garde à vue. Aucune poursuite n’a été engagée par la suite. De plus la cour ne tire aucune conclusion quand à la disparition pendant 4 ans du dossier médical d’Abou Bakari Tandia ni d’une possible panne de la vidéo surveillance de sa cellule le soir de sa garde à vue. Certains des habits de la victime, notamment un pull que le jeune homme devait probablement porter sur lui ce soir de décembre n’ont jamais été retrouvé alors même que ce vêtement aurait pu porter une trace de la blessure constatée sur le torse du jeune homme et en indiquer la cause.


Confirmation du non-lieu

La confirmation du non-lieu par la cour d’appel de Versailles met fin à huit ans d’enquête. Le juge d’instruction a estimé qu’il n’y avait pas assez d’éléments pour permettre d’avoir une certitude sur les circonstances de la mort d’Abou Bakari Tandia. Aucun policier ne sera mis en cause dans cette affaire, l’enquête n’ayant pas permis de déterminer leur responsabilité.

Maître Bouzrou, l’avocat de la famille promet toutefois de saisir la Cour de Cassation. Il se déclare également prêt à se tourner s'il le faut vers la Cour Européenne des droits de l'Homme. La famille est consternée par la décision de la cour d’appel de Versailles mais déterminée à obtenir justice.

« Tant que je serai vivant, je continuerai à me battre pour mettre un mot sur cette mort, connaître sa cause »,  déclare Souaibou Doucouré.

Amnesty réitère ses regrets et inquiétudes sur la manière dont les enquêtes sur ces sujets sont menées en France, permettant de s'interroger sur l'absence d'impartialité qu'elles semblent révéler. Cette affaire est l'une des cinq du rapport d'Amnesty International intitulé : France. Notre vie est en suspens. Les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite


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