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Auteur Sujet: Observatoire à la sécurité des médecins: trop d’agressions, trop peu de plaintes  (Lu 587 fois)

alex

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Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) publie le 16 avril les résultats de l’Observatoire de la sécurité des médecins. Près de 800 violences, verbales ou physiques, ont été déclarées en 2012.



En 2012, 798 incidents affectant des médecins, libéraux ou hospitaliers, ont été déclarés.


Un nombre d’incidents "bien supérieur à la moyenne nationale" de ces 10 dernières années.

L’Observatoire a été créé en 2003 par le CNOM afin d’instaurer un suivi de l’insécurité à laquelle peuvent être confrontés les médecins, généralistes ou spécialistes, libéraux ou hospitaliers.

 En 2011, 822 déclarations d’incident -agression verbale, physique, vol, vandalisme..- étaient parvenues au CNOM. En 2012, un léger recul est constaté, mais le nombre d’incidents reste nettement supérieur à la moyenne (voir graphe ci-dessus).

Une fois sur deux, un patient est l'auteur de l'incident.

Dans 51 % des cas, l’incident est dû à un patient. Dans 17 % des cas, il est dû à la personne qui accompagne le patient. Les autres agresseurs ou auteurs de dégradations, vols sont un membre de la famille du patient (4 %), un passant, un riverain (1 %, soit 8 cas), un employeur, un collègue, un salarié, etc.

Le motif le plus fréquent ? "Un reproche relatif à une prise en charge"…

Les 5 motifs principaux d'incidents en 2012 sont :
- 1 : "Un reproche relatif à une prise en charge", qui a donné lieu à 203 incidents
- 2 : Le vol, dans 167 cas
- 3 : "Un refus de prescription (médicament, arrêt de travail, etc.)", 133 cas
- 4 : "Un temps d’attente jugé excessif", 55 cas
- 5 : Pas de motif particulier retrouvé dans 55 cas également.

Les autres motifs retrouvés sont listés pages 34 et 35 du document synthétisant les données de l’Observatoire (fichier PDF).

Le nombre d’agressions physiques "avec une arme" est en baisse
Dans deux tiers des cas, il s’agit d’agressions verbales :


Les agressions verbales sont essentiellement des injures et des menaces.
Les vols sont divers : sac à main, portefeuille, sacoche, tampons professionnels, ordonnancier, argent, matériel informatique ou médical, caducée, objets personnels, etc.
Quant aux agressions physiques, au nombre de 96, les coups et blessures volontaires sont les plus fréquents (87 cas). Viennent ensuite la séquestration (9 cas), les crachats  (3 cas), et même l’agression sexuelle (1 cas) ou la morsure par un chien (1 cas).

 Une arme a été utilisée dans 23 cas (38 en 2011), soit 3 % des agressions. L’arme la plus fréquemment utilisée est… la canne (5 cas), puis, beaucoup plus inquiétant, un couteau (4 cas) et même un revolver (3 cas), un fusil, une barre de fer, ou encore une hache (1 cas à chaque fois) !

Les généralistes sont toujours les plus touchés par cette insécurité
56 % des médecins agressés sont généralistes, alors qu’ils représentent environ 45 % des médecins.  Mais de plus en plus de spécialistes sont également touchés, en particulier les ophtalmologistes (6 %), les psychiatres (5 %), les dermatologues (4 %), les médecins du travail (3 %) et les gynécologues (3 %) :


Dans 8% des cas, ces incidents ont occasionné une interruption de travail.

Un taux de "victimation" plus élevé dans le Vaucluse, la Loire, le Cher et la Seine-Saint-Denis.

Les agressions ont lieu le plus souvent en centre ville (58 %) :


Dans 77 % des cas, il s’agit d’incidents ayant lieu dans le cadre d’un exercice de ville (16 % dans le cadre d’une activité en établissements de soins).

 En valeur absolue, le nombre le plus important d’incidents déclarés est en Seine-Saint-Denis (46, contre 67 en 2011), devant le département du Nord (45) et Paris (41).

 Le taux de "victimation" (nombre d’incidents rapporté au nombre de médecins dans le département) est le plus élevé dans le Vaucluse (1,9% des médecins ont déclaré un incident), devant la Loire (1,5%), le Cher et la Seine-Saint-Denis (1,2 %).

La partie émergée de l’iceberg… d’autant que moins d’1 médecin sur 2 porte plainte

Il est fort probable que nombre d’incidents, en particuliers verbaux, ne sont pas déclarés à l’Ordre. "Il faut rester vigilant, car ces données ne représentent que la partie émergée  de l’iceberg, de nombreux médecins ne déclarent pas systématiquement les violences dont ils sont victimes. Nous encourageons donc tous les médecins à déclarer les incidents auxquels ils sont exposés, afin d’apporter des réponses efficaces à l’insécurité qui les touche", explique le Docteur Bernard Le Douarin, Coordonnateur National de l'Observatoire pour la sécurité des médecins.

 De plus, seuls 48 % des médecins agressés ont décidé de donner des suites judiciaires à ces incidents (plainte dans 33 % des cas, main courante dans 15 %). Par crainte de représailles ?

Les conseils de l’Ordre habilités à porter plainte à la place du médecin

Afin de lever cette crainte, le CNOM rappelle que" les conseils départementaux sont habilités à porter plainte en lieu et place du médecin, ce qui le met à l’abri d’éventuelles représailles".

 Par ailleurs, le CNOM souligne que 68 départements ont pris en compte le protocole national de sécurité signé en avril 2011 entre le CNOM et les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé. Des mesures concrètes pour assurer la sécurité des médecins ont été déployées dans 43 d’entre eux, parmi lesquelles un numéro d’accès direct à la cellule de sécurité départementale uniquement destiné aux médecins, et la mise à disposition d’un référent sécurité dédié au sein des services de police et de gendarmerie.

Vers une "géo-sécurisation" des médecins ?

Le CNOM soutient la mise en place de dispositifs de "géo-sécurisation" des médecins dans 3 départements : le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et les Bouches-du-Rhône. Ces dispositifs ont des boîtiers électroniques d'alerte qui permettent la géo-localisation, et donc l’intervention rapide en cas d’agression grave.

En conclusion.

Depuis 10 ans, des centaines d’incidents sont déclarés à l’Ordre. Même si la plupart sont verbaux, 96 médecins ont été agressés physiquement en 2012, ce qui peut motiver des cessations d’activité, en particulier dans des quartiers difficiles.

 Déclaration systématique, plaintes éventuellement portée par l’Ordre, géo-sécurisation, formation à l’anticipation de situations génératrices d’agressions. Autant de pistes avancées par le CNOM pour tenter de protéger davantage les médecins, agressés pour des motifs qui paraissent, le plus souvent, au minimum indécents en regard des difficultés quotidiennes de l’exercice de ce métier…


Sources Jean-Philippe Rivière (Vidal)
- "Les 10 ans de l’Observatoire de la sécurité des médecins : encore une année où le nombre d’incidents reste bien supérieur à la moyenne", CNOM, 16 avril 2012.
- Fichier PDF reprenant les résultats de cet Observatoire, dont sont extraits les diagrammes insérés dans cet article.
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